| Les
Amis de Szydlowiec |
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| Société mutualiste créée en 1925 | jeudi 02 avril 2026 | ||
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| Recettes de cuisine | ||||||||
Recette du Klops de Noël de Szydlowiec J’ai proposé de donner la recette du Klops que ma mère faisait. Je peux dire qu’il s’agit d’une véritable recette de Szydlowiec, bien que ma mère soit née à Skrzynno à 30 km au nord-ouest, mais pour expliquer sa naissance si loin du donjon, il faudrait conter une autre histoire liée à la guerre de 14 et au moulin de mon arrière grand-mère. Bon, on aura remarqué que j’écris Klops avec un K, et non avec un C. C’est l’orthographe retenue par Laurence Kersz dans son indispensable (mais discutable) « La cuisine de nos grands-mère juives, édition du Rocher, Monaco 1980 ». Indispensable certes, mais discutable puisque on voit mal deux grands-mères juives se mettre d’accord sur la quantité de sucre dans le guifiltè fisch. Pour le Klops, tout le monde sait qu’il y en a au moins de trois sortes : les klopsers, autrement dit les boulettes de viande, qui se partagent eux-mêmes en deux catégories, les klopsers grillés, et les klopsers en sauce, dont le secret consiste à faire des tomates farcies à l’envers (comprenne qui pourra) avec même une variante d’automne (les klopsers aux champignons), et le vé-ri-ta-ble Klops. C’est évidement de celui là que je vais parler, dans sa variante la plus fameuse : le Klops de Noël. Je vois déjà des regards interrogatifs : Noël ? Mais qu’est ce que cette fête chrétienne vient faire avec notre yiddishè klops ? Simple, et biologique : depuis la découverte de l’Amérique, Noël est associé à la dinde (poule d’Inde…occidentale, d’ou son nom français de d’inde, dinde, tandis que les anglais l’appelle turque, turkey). Bref, les immigrants du Mayflower l’avaient déjà remarqué, les jeunes dindes atteignent leur maturité culinaire vers le début décembre, ce qui explique encore le Thanks Giving day fêté chaque année aux US… avec toujours une dinde au repas. Comment les dindes sont-elles arrivées d’Amérique à Szydlowiec, jalousement tenu et gardé par les oies capitolines fières de leur schmalz ? Je ne sais pas, mais, ce qui est sûr, c’est qu’il y en avait, qu’elles étaient on ne peut plus Kasher, et bonnes à passer à la casserole en décembre. Et si par chance on dégottait un vrai dindon de 8 kilos, on en mangeait pendant longtemps. D’ailleurs sa chair était si ferme qu’immanquablement, il fallait la hacher… d’où une variante succulente : le Klops de blanc de dinde… Bref, dinde et décembre, dinde et klops vont de conserve. Reste Noël. Je reconnais que c’est une concession aux temps de la galout. On ne fait pas une dinde toutes les semaines, surtout en décembre. Bien sûr les économes achèteront leur dinde au début du mois, elles sont moins chères et on peut toujours marchander… Les plus pieux l’achèteront à Hanoucah, mais pendant les huit jours où se consument les bougies lequel choisir pour le festin ? Lâchement, mais très efficacement, le lendemain étant un jour férié, en plein dans la morte-saison, les retrouvailles familiales et les cadeaux aidant, la dinde étaient sacrifiée le soir de Noël. Résumons : point numéro 1, le Klops de Noël peut être réalisé un autre jour que Noël, mais tout de même de préférence en décembre ; point numéro 2 : il faut une dinde (le Klops de Noël avec oie est aussi intéressant mais bien plus gras et terriblement cholestérolique… j’ai déjà essayé). Temps de préparation :
Ingrédients
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Conclusion : On aura compris que le Klops est un plat de pauvre : beaucoup de pain rassis et plein d’épices, surtout du poivre, une flopée d’ail pour donner du goût, un œuf pour lier les aliments hétérogènes, viande de misère du monde entier (oh ! keufte turc et de tout le pourtour de la Méditerranée !),viande par petits bouts, bien hachée, restes de boucher mal présentables, et du travail beaucoup de travail pour hacher la viande, préparer ail et pain, de la mère juive en condensé quoi, de la mère universelle… |
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