Les Amis de Szydlowiec
Société mutualiste créée en 1925 jeudi 02 avril 2026  

Histoire des juifs de Szydlowiec avant 1939
Les partis politiques

       
 
   

Pendant l'entre-deux-guerres toutes les tendances des partis politiques juifs polonais étaient présentes à Szydlowiec : les religieux avec Agoudat Israël et le Mizrachi, la gauche avec le Bund et le parti communiste (clandestin…) et les sionistes avec le Poale Zion de gauche, les Poale Zion de droite, le Betar, etc. Bref, tous les mouvements de la droite orthodoxe à la gauche révolutionnaire étaient représentés parmi les membres de cette communauté juive de 1.500 familles !

Au début, le groupe de droite le plus important était un mouvement orthodoxe : l'Union d'Israël (Agoudat Israël). En 1929, environ 500 personnes étaient membres de ce parti.

Les sionistes étaient aussi bien implantés. Certains étaient religieux comme le "Mizrachi", d’autres laïcs comme le Poale Zion. Les sionistes ont organisé des conférences, des collectes en faisant campagne pour des départs en Palestine.

Parmi les partis de gauche, à Szydlowiec, il y avait le syndicat juif général «Bund» et le Parti travailliste social-démocrate juif, le «Poale Zion». Comme on l‘a vu, les membres et les sympathisants du Bund étaient déjà actifs dans la ville avant la Première Guerre mondiale lors de la Révolution de 1905. Les employés des tanneries locales appartenaient à ce syndicat. Le Bund contribuait également au développement de l’éducation avec des écoles juives, des clubs de sport et des cours du soir pour les ouvriers.

L’autre parti de gauche, le Poale Zion, avait moins de partisans à Szydlowiec. Et en plus ils étaient divisés entre « gauche » et « droite ». Cependant, ils chapeautaient des groupes culturels comme le «Tarbut», ou un club de sport (« l’Etoile ») et organisaient des cours du soir pour les ouvriers.

Le mouvement révolutionnaire radical avait peu d'influence à Szydlowiec. Au début, parmi les membres du Parti communiste de Pologne se trouvaient des chrétiens et des Juifs mais à partir de 1930 il n’y avait presque plus que des juifs, souvent obligés de rester dans la clandestinité. Les jeunes communistes étaient particulièrement actifs. Après qu’ils aient attaqué les participants d'un voyage en Palestine organisé par les sionistes, la police a arrêté plusieurs membres de l'Union de la jeunesse communiste de Pologne. Certaines des personnes arrêtées ont été jugées et six d'entre elles ont été condamnés à de la prison.

Selon les documents conservés, les discussions entre les participants aux réunions politiques étaient parfois si violentes qu’elles entrainaient des bagarres et la police devait intervenir.

L’analyse des résultats des élections aussi bien au niveau de la Kehila que de la municipalité est instructive pour connaître la situation et l’influence des différents mouvements politiques parmi les juifs. On n’entrera pas ici dans le détail des résultats des élections municipales de l’entre-deux guerres …. Pour résumer, on retrouve les fractures « classiques » entre les juifs polonais de cette période : religieux-laïcs, gauche et droite, sionistes et non sionistes, partisans de l’unité avec les chrétiens ou communautaristes. Bref autant de raisons de se séparer. Si on ajoute, la crise économique de 1929, la montée du fascisme polonais et de l’antisémitisme, des relations internationales tendues, on ne peut qu’être sidéré par des combats locaux qui finirent malheureusement par un désastre…

L’élection au conseil municipal de 1934 a rencontré des difficultés et ses résultats n’ont pas été considérés comme représentatifs car elle a été boycottée par certains groupes politiques. Il y avait 8 Juifs au conseil municipal, dont trois sièges pour les orthodoxes et les sionistes. La liste du Bund a été annulée par les autorités centrales et le Bund a boycotté les élections.

Un an plus tard, la composition du conseil municipal n'était toujours pas complète.

La dernière élection au conseil municipal avant le déclenchement de la seconde guerre mondiale a eu lieu le 21 mai 1939. Les résultats ont été surprenants. Les candidats des partis et organisations juifs n'ont eu qu'un siège. D’ailleurs, il faut souligner que, même si la majorité de la population était juive, c’était toujours les catholiques qui remplissaient les fonctions de maire et de vice-maire. Néanmoins, les Juifs ont toujours été représentés au conseil municipal.

En ce qui concerne la communauté juive de Szydlowiec (la Kehila), la dernière élection a eu lieu en 1936. Les sionistes ont été majoritaires (60% des voix) tandis que les orthodoxes obtenaient 40% des voix. En 1938, le conseil était dirigé par Abram Redlich (sioniste) et Mejlich Wólfowicz (Aguda).

La Kehila recevait le produit des taxes payées par ses membres et des dons. Les ressources permettaient de rémunérer le rabbin, un vice-rabbin, l’abatteur rituel (shoyrets), le chazzan (chantre) et d’autres personnes employées par la Kehila, notamment un professeur de cheder (melamed), un scribe (sofer) habilité à réécrire les textes sacrés, un concierge (shamès) qui préparait la synagogue pour les services et réveillait les hommes pour les prières du matin. Il fallait également prendre en charge les frais de la grande synagogue, ceux d’une petite synagogue (bethamidrash), du bain rituel (mikvah), des cheders et d’une infirmerie. Enfin, la communauté donnait aussi des subsides aux plus pauvres.

Pendant tout l'entre-deux-guerres, le rabbin était Chaim Rabinowicz, le rabbin adjoint était Ch. Judman, les shoyrets étaient Mordka Erlichman, Mordka Bocian, Ch. S. Wajnman, Abram Geberman et Chaim Rotsztajn, Izaak Weltfrajd était un chazzan et Moszek Wajcman le scribe.

 
   
     
     
Après la première guerre mondiale   Economie et revenus avant guerre