| Les
Amis de Szydlowiec |
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| Société mutualiste créée en 1925 | jeudi 02 avril 2026 | ||
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Histoire
des juifs de Szydlowiec pendant la guerre |
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Le 1er septembre 1939, l'Allemagne nazie attaque la Pologne, point de départ de la Seconde Guerre Mondiale. L'armée allemande arrive à Szydlowiec le 8 septembre 1939. Dès les premiers jours d'occupation, les allemands obligent les Juifs à donner leur châle de prière (Talit), pour nettoyer les rues. La synagogue est incendiée. Par un décret daté du 26 octobre 1939, Hitler crée le Gouvernement Général (GG) sur une partie de la Pologne occupée par les allemands. Une autre partie, notamment celle de Lodz, est rattachée directement au Reich. Enfin une troisième partie sera occupée par les Soviétiques en vertu des clauses secrètes du pacte Germano-Soviétique signé le 23 aout 1939. Szydlowiec était inclus dans le powiat de Radom. Tous les habitants du GG ont été privés des droits fondamentaux mais les Juifs étaient particulièrement persécutés. À partir du 23 novembre, ils furent obligés de porter des brassards avec un Magen David de couleur bleue. Le même symbole devait être placé sur les magasins juifs. Tous les décrets des autorités d'occupation nazies bouleversaient le rythme de la vie des juifs et les conduisaient à la faillite. Par exemple, l’abattage rituel d’animaux était interdit, les Juifs étaient forcés de travailler pendant les fêtes religieuses, la liberté de voyager était limitée, les comptes bancaires et les dépôts furent bloqués, des contributions élevées ont été exigées, plus tard, les biens ont été confisqués. |
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A la place de la Communauté juive (Kehila) liquidée, un Conseil juif des anciens (Judenrat) fut établi en octobre 1939. Il organisait la vie de la communauté locale et exécutait les ordres de l'occupant. Le conseil composé de 12 personnes dont Abram Redlich, Aron Szarfarc, Szmul Brandmeser, Jankiel Rozencwaig était dirigé par S. Ejsenberg. Même si le comportement des membres du Judenrat fut parfois critiquable, il faut comprendre qu’ils étaient dans une situation fragile, entre l’enclume et le marteau, chacun à la merci du pouvoir et des décisions allemandes. Les contacts qui semblent ambigus avec les nazis ou bien la corruption de ces derniers étaient souvent les seuls moyens d’obtenir de la nourriture pour les cantines dont le Judenrat avait la charge. Dès les premiers jours de l'occupation, les nazis ont obligé les juifs vivant à Szydlowiec à effectuer divers travaux forcés de nettoyage. Ils devaient aussi travailler dans les tanneries locales. Pendant l’été 1940, environ 500 jeunes hommes ont été envoyés à Józefów sur la Vistule pour exécuter des travaux publics notamment d'amélioration des berges du fleuve. Ils ont travaillé loin des leurs, sans structure d’accueil, disposant d’un minimum de conditions de vie de base. Quelques mois plus tard, grâce aux efforts du Judenrat, les survivants sont revenus à Szydlowiec. |
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Avec la défaite de la France en juin 1940 et l’attaque de l’URSS en juin 1941, tout espoir d’une fin rapide de la guerre disparut. Pourtant, la vie continuait. Un groupe de 28 hassidim vinrent à Szydlowiec. Leurs idées ont permis à certains habitants de se consoler avec la religion ( !). Prier devint une réaction de défense contre la terreur croissante entretenue par les nazis. La tâche la plus importante des habitants et du Judenrat était de trouver des moyens de subsistance. Alors, il fallait faire fi des diverses interdictions des occupants, et arriver à sortir de la ville, échanger avec les paysans, corrompre les membres de la police juive ou d’autres pour qu’ils ferment les yeux. Finalement, bien que les conditions de vie du peuple juif à Szydlowiec se soient aggravées, on pensait qu'elles étaient meilleures que dans d’autres villes parce qu’il n’y avait pas de ghetto fermé. On sait par les mémoires et témoignages des rares survivants de la Shoah que les Juifs malgré les interdictions pouvaient quitter la ville et mener leurs affaires dans les villages ou chercher de la nourriture. Il était possible d’obtenir un permis de voyager délivré par le Judenrat moyennant le paiement d’une redevance. Le produit de ces redevances lui rapportait un revenu conséquent. Une partie de cet argent a été utilisée pour offrir des pots-de vin aux Allemands afin qu’ils assouplissent leur comportement. Des Juifs des grands centres urbains (Lódz, Cracovie, Varsovie, Radom, Ostrowiec, Kozienice) vinrent donc vers la ville. En 1940, il y avait environ 8 500 Juifs dans Szydlowiec et environ 10 000 en mai 1941. Cela entrainait une détérioration des conditions de vie et de santé, ainsi que d'approvisionnement alimentaire. La mortalité augmentait et beaucoup de décès étaient causés par des maladies infectieuses telles que la typhoïde, la dysenterie et la tuberculose. Mais Szydlowiec était une ville « spéciale ». Tant qu’il a été possible de se déplacer, les gens qui avaient de l'argent ou des objets de valeur ont pu acheter de la nourriture et même des produits plus sophistiqués. Abram Finkler a écrit dans son mémoires : «Même le cognac et les citrons étaient disponibles dans le ghetto. » Mais il ne faut pas exagérer, c’était exceptionnel, et pour les citrons il s’agissait peut être d’un substitut au cédrat nécessaire pour la fête des Tabernacles (Souccot). Finkler par sa position au Judenrat pouvait avoir connaissance de telles situations, mais grâce à ses relations son rôle essentiel était surtout d’éviter parfois le pire (Il faut lire son texte dans le Yiskor Bir). Que ce soit au niveau des archives ou des témoignages des survivants, on sait ce qu’était la terrible vie quotidienne des juifs à Szydlowiec pendant l'occupation. Le Judenrat essayait d’atténuer la misère. Le Judenrat était donc la plus importante institution juive de la ville. Il organisa ses structures dès qu’il fut institué. Le travail du département dirigé par Moszek Milsztajn en charge de l’approvisionnement alimentaire, de la protection sociale et de la santé doit être salué. En 1941, la cuisine préparait environ 950 repas par jour. En mars 1940, un service d’aide sociale fut établi dans la ville. Il n’était pas limité aux habitants de la ville de Szydlowiec, car il aidait aussi les Juifs de passage ou les nouveaux arrivants. Le docteur Lejbus Dyment était son président et ses membres Izrael Cukier, Rachmil Morgenbeser, Abram Finkler et Szyja Opatowski. Un an plus tard, le docteur Wladyslaw Konrad Taubenhaug, Abram Blicher, Szmerk Bocian, Josef Zycer et Boruch Ejzenberg entrèrent également au bureau. Ce service organisa une cuisine au 112 rue Radomska. Elle fournissait 950 repas très bon marché chaque jour et deux fois par semaine 650 petits déjeuners pour les enfants. Tous ces repas étaient casher. Un service des maladies infectieuses fut organisé dans le bâtiment de la synagogue. Le personnel, dirigé par le Docteur Paulina Ginsberg, s'est occupé des patients avec dévotion. Au début de 1942, une crèche pour les plus jeunes enfants fut également créée. L’organisation d'une cuisine était une très précieuse initiative en raison de la pauvreté croissante. Elle a été installée dans un bâtiment d'une tannerie au 30, rue Zamkowa. Malheureusement, tous ces admirables efforts s’ils ont permis d’atténuer les souffrances, n’arrêtèrent pas le déroulement tragique de l’histoire. Tout au long des années d’occupation les juifs furent l’objet de discriminations, de crimes, d’exécutions, de violences de toutes sortes. Il ne fallait pas être au mauvais endroit au mauvais moment. |
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et revenus avant guerre |
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